Aéroports français : la France décroche en silence
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Pour comparer la situation de la France avec ses voisins européens en matière de trafic aéroportuaire, l’Union des aéroports français (UAF) s’est retrouvée face à une difficulté inattendue. « Pour le trafic aéroportuaire 2025 de l’Union européenne, nous avons un total qui est en hausse de 4,5 % par rapport à 2024 et de 6,6 % par rapport à 2019 », explique Clara Henné, économiste statisticienne pour l’UAF. « Donc la vaste majorité des pays de l’Union européenne ont dépassé leur niveau de 2019. Et pour tout dire, ACI Europe (ndlr : branche européenne du Conseil international des aéroports ) qui nous fournit ces chiffres, ne produit même plus cette carte comparative pour leur rapport annuel car pour eux 2019 n’est plus une référence ! Nous avons du leur demander les chiffres », poursuit-elle. La France est donc réellement dans une situation très particulière, à l’exception de quelques pays qui sont encore en fort retrait. « C’est ainsi le cas de la Norvège, qui est encore en retard de 1,6 % par rapport à son niveau de trafic de 2019, mais surtout de l’Allemagne (-14,1 % par rapport à 2019), la Finlande (-21,2 %) et la Suède (-22,2 %) », précise Clara Henné. « A part ces exceptions, tous les autres pays européennes sont en forte hausse par rapport à leur niveau d’avant crise, dont tous nos voisins », ajoute-t-elle. C’est notamment le cas de l'Italie (+18,7 %), l'Espagne (+17 %), le Portugal (+22,6 %), mais également l'Irlande (+12,3 %) et le Royaume-Uni (+1,6%).
Six ans après le début du confinement lié à la pandémie mondiale de COVID-19, le trafic aéroportuaire français n'a donc toujours pas retrouvé sa dynamique d'avant-crise. Les plateformes françaises ont accueilli en 2025 un total de près de 210,5 millions de passagers, soit une croissance de 2,3 % par rapport à 2024, mais encore un retrait de 1,8 % par rapport à 2019. Seulement 41 % des aéroports français ont rattrapé leur niveau de 2019. En métropole, seulement 35 % ont retrouvé ce niveau et 13 % sont encore en-dessous de 50 % de leur niveau d’avant-crise. En revanche, pour les aéroports ultramarins, 50 % des plateformes ont dépassé leur niveau de 2019. Et parmi eux, un total de 71 % des plateformes d’Outre-mer sont au-dessus de 90 % de leur niveau de trafic d’il y a six ans. Le nombre des mouvements commerciaux s'établit à un peu plus de 1,8 million en 2025, en augmentation de 2,2 % sur un an, mais toujours en baisse marquée de 8,3 % par rapport à 2019. Ce décrochage persistant du nombre de mouvements s'explique principalement par l'augmentation de l'emport moyen, passé de 109 passagers par vol en 2019 à 117 en 2025.