Crise du pétrole: les compagnies ultramarines redoutent la pénurie
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Depuis plusieurs semaines, le conflit en Iran touche de plein fouet le transport aérien et l’impact total est encore difficile à appréhender. Il a pris une nouvelle ampleur avec la crise des hydrocarbures en cours.
L’envolée des cours du pétrole brut, et encore plus celui du kérosène, a été un véritable choc pour les compagnies aériennes (voir encadré). Pourtant, le prix risque bien de ne pas être le principal problème pour les compagnies aériennes. Aujourd’hui, les représentants de l’aviation, Association internationale du transport aérien (Iata) et Conseil international des aéroports (ACI) en tête, alertent sur le manque de disponibilité de kérosène en raison des perturbations dans le détroit d’Ormuz entre blocus iranien et réponse américaine. Si quelques bateaux passent, cela reste au compte-goutte, et les réserves se vident.
L’Europe risque d’être particulièrement touchée avec les trois-quarts de ses approvisionnements venant du Moyen-Orient. Dès le 9 avril, la branche Europe de l’ACI (ACI Europe) a lancé une alerte auprès de la Commission européenne. Puis, cela a été le tour de l’Agence internationale de l'énergie (AIE) le 14 avril : « Alors que les marchés européens entrent dans la période de pointe de la demande, la perte des importations en provenance du Moyen-Orient pose un sérieux défi logistique. » Ce qui a obligé le commissaire européen à l’énergie, Dan Jorgensen, à réagir, estimant que l'Union européenne « s'approchait très rapidement » d'une potentielle crise d'approvisionnement, avec le risque d'un été marqué par « des billets d'avion plus chers et des annulations ». Et le 17 avril, c’est Willie Walsh, directeur général de l’Iata qui a pris la parole : « Nous avons également estimé que d'ici la fin du mois de mai, nous pourrions commencer à constater des annulations de vols en Europe en raison d'un manque de kérosène. C'est déjà le cas dans certaines régions d'Asie. »
À en croire la porte-parole du gouvernement, interrogée le 19 avril sur BFM, il n’y a pas de « difficulté » d’approvisionnement pour le kérosène en France pour le moment. Mais Maud Bregeon a tout de même concédé qu’il y a « davantage de tensions » que pour les autres carburants, et rappelé qu’il y avait des stocks stratégiques disponibles pour faire face à « des problèmes de volume ».