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Transport aérien : La crise, catalyseur de tendances préexistantes dans la numérisation

Photo de Jean-Baptiste HEGUY

Jean-Baptiste HEGUY

Publié le 05 mars 2021 à 18:12 - Mis à jour le 09 mars 2026 à 10:19

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Comme chaque année, SITA a récemment publié son rapport "Air Transport IT Insight", qui fait le point sur les attentes de l'ensembles des acteurs du transport aérien en matière de numérisation. Un sujet détaillé dans une table ronde par David Lavorel, président de SITA Airports and Borders, et Sergio Colella, président de SITA pour la région Europe.

L'année 2020 a sans conteste été la pire de toute l'histoire du transport aérien commercial. Néanmoins, à toute crise, il y a des effets induits et de nouvelles tendances qui se font jour et SITA, principal fournisseur de solutions technologiques et informatiques pour le secteur aérien mondial (1 000 aéroports dans le monde et un portefeuille de 400 clients), veut jouer son rôle de partenaire pour permettre à l'ensemble de l'industrie aérienne mondiale de négocier au mieux le tournant imposé par le nouveau paradigme de l'après-Covid.

L'Europe toujours à la peine.

« SITA est au coeur des systèmes informatiques de l'industrie aérienne. Donc nous avons accès à beaucoup de données qui nous permettent de construire une vue solide de l'état du trafic. Dans l'ensemble, nous assistons à une reprise du trafic, il n'y a pas de doute. Mais avec des points de pression forts. Nous opérons dans plus de 200 pays et territoires. A ce stade, nous avons une situation assez disparate. A n janvier, il y a un paysage très contraint, avec une industrie qui opère à 34 % de la capacité nominale antérieure, et des marchés domestiques qui se comportent mieux, opérant en moyenne à 46 % de la capacité nominale antérieure. Il subsiste une grande disparité entre les marchés domestiques et régionaux et les marchés long-courriers. C'est notamment le cas aux Etats-Unis et en Amérique du Nord, où l'industrie aérienne était à n janvier à 52 % des capacités pré-crise. C'est beaucoup mieux que l'ensemble du marché. L'Inde aussi est déjà à 65 % de ses capacités pré-Covid sur son marché domestique. Pour le long-courrier, cela reste très difficile. Si on prend pour exemple l'aéroport de Dubai International, il y avait l'année dernière un tra c de 26 millions de passagers dont 18 millions au premier trimestre, contre 86 millions en 2019. Il y a donc une pression très forte. L'autre caractéristique importante est de voir que l'industrie est très réactive et très dépendante de l'évolution de la pandémie et de la façon dont elle est gérée par les gouvernements », explique David Lavorel, président de SITA Airports and Borders (la division en charge des solutions pour les compagnies aériennes et les aéroports).

Si on focalise sur l'état actuel du tra c aérien en Europe, il apparaît que la zone a été la plus touchée par les effets de la crise. « Clairement, l'Europe est la région qui a été le plus touchée par la crise du Covid-19 dans le monde. Le trafic domestique européen est structurellement moins important que le tra c domestique américain et a été fortement touché à cause de toutes les mesures de restriction, de confinement et de couvre-feu que l'on a vues dans beaucoup de pays européens. Les statistiques d'ACI Europe ont confirmé que le trafic européen en 2020 avait fait un bond en arrière de vingt-cinq ans, avec une baisse de 70 % du trafic. Nous sommes passés de 2,4 milliards de passagers à 700 millions. L'impact pour les aéroports et les grandes compagnies aériennes a été massif, notamment Air France-KLM, qui a perdu 60 % de son chiffre d'affaires, Lufthansa, qui explique que dans les premières semaines de la pandémie, l'année dernière, le trafic avait fait un bond en arrière de soixante ans, ou des grands aéroports comme Heathrow, qui reste en temps normal le premier aéroport européen et qui a tourné pendant de nombreux mois à 15 % de sa capacité nominale. Les statistiques de la SITA montrent que l'Europe, dans les premières semaines de 2021, continue à opérer avec une capacité très inférieure à la capacité nominale et très inférieure à la moyenne mondiale. A fin janvier, l'Europe tourne à 24 % de la capacité nominale pour le trafic global et 31 % pour le trafic domestique. Cela étant dit, nous nous attendons à une amélioration visible et significative à partir du deuxième semestre 2021. Nos clients se préparent donc à la saison d'été, qui va être fondamentale. Les campagnes de vaccination vont être déterminantes, même si la situation est différente d'un pays à l'autre. Au Royaume-Uni, par exemple, elle est en voie d'amélioration importante », précise Sergio Colella, président de SITA pour la région Europe.

Jean-Baptiste HEGUY

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