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L’Europe face à ses vulnérabilités

Photo de Gaétan Powis

Gaétan Powis

Publié le 16 avril 2026 à 06:51 - Mis à jour le 06 mai 2026 à 07:57

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Lance-missiles Arrow 3 de la Luftwaffe et radar Super Green Pine de la Luftwaffe à Holzdorf (Allemagne).

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Après trois décennies de dividendes de la paix, l’Europe doit se préparer à faire face aux menaces balistiques. Mais le Vieux Continent dépend fortement de systèmes américains, qui ne suffisent de toute façon pas à couvrir toutes les menaces.

Depuis plus de quatre ans, l'Europe redécouvre le conflit de haute intensité. L’invasion russe de l’Ukraine a exposé sans ménagement l’importance de la massification des moyens, l’intérêt du drone offensif à tous les niveaux (tactique ou longue portée), le besoin de missiles balistiques pour frapper dans la profondeur et, bien évidemment, la nécessité de pouvoir contrer ces mêmes missiles balistiques. La guerre au Moyen-Orient, n'a fait que confirmer l’importance vitale de détenir ces systèmes : pas moins de 537 missiles balistiques ont ciblé les Emirats arabes unis en seulement cinq semaines de conflit. 

Au-delà des conflits actuels, le Vieux Continent perçoit la menace qui se précise à l’Est. « Il est peu probable que la Russie ralentisse sa production de missiles offensifs, même dans le cadre d’un cessez-le-feu en Ukraine », précise Sven Arnold, ancien analyste en défense et sécurité internationale pour le Stiftung Wissenschaft und Politik à Air & Cosmos. D'autant que les Européens font face à un manque de masse au niveau des systèmes antimissiles et à une forte dépendance aux équipements étrangers.

Expertise américaine

Dans le cadre de la Ballistic Missile Defence (BMD) de l’Otan, l’Europe est couverte par un intercepteur américain : le Standard Missile 3 ou SM-3. Il assure la partie la plus haute de la bulle antimissile, avec une interception exo-atmosphérique des missiles balistiques lourds. Toutefois, au vu de l’importance de cet intercepteur, il est uniquement géré par les militaires américains depuis les deux sites Aegis Ashore, situés en Roumanie et en Pologne, et les destroyers lance-missiles de la classe Arleigh Burke de l’US Navy. D’ailleurs, depuis le conflit au Moyen-Orient, plusieurs missiles balistiques moyenne portée (MRBM) iraniens ont été interceptés au-dessus de la Turquie par des SM-3 tirés depuis un destroyer de l'US Navy.

Gaétan Powis

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