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Défense spatiale : un budget dicté par l’urgence

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Daniel Chretien

Publié le 29 avril 2026 à 08:00 - Mis à jour le 06 mai 2026 à 07:58

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Débattue à l’Assemblée nationale, avant un passage au Sénat, l’actualisation de la Loi de programmation militaire prévoit d’importants changements pour les capacités spatiales militaires françaises. L’urgence prévaut dans les choix stratégiques et budgétaires, quitte à recourir aux capacités commerciales et à transformer des démonstrateurs en atout opérationnel.

Si la France est championne à l’échelle européenne en matière de souveraineté spatiale de défense, ses capacités sont cependant devenues insuffisantes au vu du contexte. Les guerres actuelles incitent à développer davantage de moyens spatiaux, alors que la France propose un partage d’utilisation à ses partenaires, dont l’Ukraine. Le président de la République l’a admis en janvier lors de ses vœux aux armées : il faut accélérer l’usage militaire des satellites en orbite basse. De manière générale, l’actualisation de la Loi de programmation militaire (LPM) prévoit un segment spatial plus généreux, mais dont les choix sont basés sur l’urgence et le besoin de disposer dès que possible de nouvelles capacités, même s’il faut abandonner le sur-mesure. La France est sous pression depuis que l’Allemagne a engagé une démarche très agressive de réarmement, avec un budget de 35 Md€ consacré à la défense spatiale sur les cinq prochaines années.

Recours à OneWeb pour le combat connecté

L’État français a largement financé le renouvellement de la constellation OneWeb, dont l’opérateur français Eutelsat est majoritairement propriétaire. Ce sont 440 satellites qui sont à produire chez Airbus Defence & Space. L’actualisation de la LPM prévoit donc d’ajouter cette composante en orbite basse, avec OneWeb en complément des satellites Syracuse IV en orbite géostationnaire, et l’achat de 300 terminaux pour les utilisateurs au sol. C’est un recours massif aux services d’Eutelsat jusqu’en 2035, avant de basculer totalement sur la constellation européenne Iris², qui doit pourtant voir le jour à partir de 2031. « J’espère quand-même voir Iris² avant 2035 », précise en audition parlementaire mi-avril le chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace (Cemaae), le général Jérôme Bellanger. Iris² a pris du plomb dans l’aile avec l’annonce de l’Allemagne, elle aussi lasse d’attendre le projet européen, de déployer au plus tôt sa propre constellation militaire en orbite basse (SatcomBw 4).

Daniel Chretien

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