Eurosatory 2024 : Interview du général Pierre Meyer, commandant l'Aviation Légère de l'Armée de Terre
Ce contenu est réservé aux abonnés

Armée de Terre
Ce contenu est réservé aux abonnés

Armée de Terre
Vous venez d'arrêter la formation Puma au Luc, il n'en reste plus désormais qu'à Etain, Djibouti et au groupe interarmées d'hélicoptères (GIH, créé en 2006 pour soutenir le GIGN, puis le RAID, il est rattaché au 4e régiment de forces spéciales de forces spéciales, ndlr), comment et quand allez-vous les remplacer ?
"La flotte va décroître de 20 Puma début 2024 vers 10 fin 2026. Le processus d'arrêt au Luc était vital pour avoir un jalon qui permette de transformer la population de nos équipages vers le Caïman. L'idée est finir tous les Puma au GIH, et à Djibouti, de remplacer les quatre Puma par quatre Caïman. Le processus commence dès 2025. Installer les quatre d'un coup sera compliqué, nous le ferons sans doute deux par deux, sur une période de six mois à un an. L'infrastructure évolue aussi, avec une réflexion globale sur la plate-forme puisque les moyens Terre et Air sont modernisés (avec l'arrivée de deux Caracal Air pour remplacer trois Puma, ndlr)".
Pour le GIH, quelle solution adoptez-vous?
"Aujourd’hui, le GIH compte 5 Puma Terre et 2 Puma Air -il reste encore des mécaniciens air- la question de la reprise de la mission par une seule armée est encore à l’état de projet. Notre ambition est de conserver les Puma jusqu'en 2030, avant de les remplacer progressivement et probablement par des Cougar, avec une cible de cinq appareils".
Quel périmètre avez-vous finalement retenu pour le dernier standard du Tigre?
"Nous possédons 67 Tigre. On ne parle plus forcément de standard 3, mais d'une rénovation à mi-vie dont le but reste de traiter les obsolescences de l’appareil, l’adapter à la conflictualité future au meilleur coût financier, le tout en étroite collaboration avec nos camarades espagnols. Le travail se poursuit. Lors de lancement du programme Tigre Standard 3 en mars 2023, seuls 42 exemplaires devaient bénéficier de la rénovation à mi-vie. Il nous reste encore des HAP (hélicoptère appui-protection, sans capacité missile Hellfire NDLR) et sur les 53 HAD (hélicoptère appui et destruction), 15 qui restent à passer en standard S2, 12 sont en évolution, et trois en activité.
La rénovation mi-vie telle qu’envisagée à ce stade doit permettre des améliorations en portée de détection, de missile, de débattement du canon. Le Tigre devrait comporter aussi une part d'évolutivité, afin d'intégrer plus rapidement et sans des chantiers importants des innovations qu'on voit poindre, en matière de connectivité, de spectre des munitions, et pour permettre la coopération drone-hélicoptère tellement importante. Il devrait disposer d'une puissance de calcul supérieure et des modèles intégrés pour réceptionner des données d'autres appareils, dont les drones".
Après le Puma, la Gazelle est votre machine la plus âgée : jusqu'à quand allez vous la garder ?
"La bonne vieille Gazelle devrait être en service jusqu'à l'horizon 2040. Elle continue sa standardisation OACI pour être compatible avec le ciel mondial. Elle a vocation à embarquer Numesim, la numérisation simplifiée, la Gatling (Mitrailleuse à six tubes intégrée initialement sur les Gazelle du 4e régiment d'hélicoptères des forces spéciales, avant d'équiper aussi des appareils de la 4e brigade d'aérocombat, NDLR). L'actualité est une disponibilité un peu compliquée car nous connaissons de lourdes obsolescences ou des manques de pièces critiques, ce qui nous avait impacté en Côte d'Ivoire, avec des manques de pièces aussi simples que des jaugeurs. Le marché global Véga a été signé et poursuit sa montée en puissance depuis juin 2023. La disponibilité, qui dépassait les 60% est aujourd'hui un peu plus réduite.