Dissuasion nucléaire : dans les coulisses de l'Opération Durandal
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Armée de l'Air et de l'Espace
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A intervalles réguliers, les trois composantes de la dissuasion française sont testées avec le tir réel d'un missile, dépourvu de charge nucléaire. Le 22 mai, c'était le tour des forces aériennes stratégiques (FAS), créées il y a tout juste 60 ans, de réaliser le premier tir d'évaluation des forces (TEF) d'un missile air-sol moyenne portée amélioré rénové (ASMPA-R) de MBDA. Le principe des TEF est de mener un raid nucléaire dans les conditions du réel, avec une forte élongation, sous opposition.
Une première exposition pour l'ASMPA-R, lancé en 2014 chez MBDA pour les pré-études, puis comme programme à part entière, en décembre 2016. La DGA avait procédé au premier tir d'essai le 9 décembre 2020. Pour cette première de l'ASMPA-R dans un contexte réaliste, les forces aériennes stratégiques ont planifié un raid nucléaire de sept heures de vol, parcourant environ 6 000 km, qui a mobilisé un Phénix de la 31e escadre aérienne de ravitaillement et de transport stratégiques (EARTS) d'Istres, quatre Rafale biplaces de l'escadron de chasse ¼ Gascogne (dont deux incarnant l'opposition, ou « red air ».
Mais aussi deux Rafale C de la 30e escadre de chasse, et un Mirage 2000-5 de l'escadron de chasse ½ Cigogne. D'autres tankers (dont au moins un KC-135) ont été mobilisés pour assurer l'endurance des « red air ». En comptant les personnels de la DGA chargés de suivre le vol du missile sur la façade Atlantique, les industriels et les aviateurs, près de 700 personnes, dont environ 200 sur la base aérienne 113 de Saint-Dizier, base-mère de la 4e escadre de chasse auront été impliquées dans Durandal.
Le ¼ Gascogne s'est donc retrouvé sous les feux de la rampe une nouvelle fois, presque 60 ans après avoir inauguré la prise d'alerte nucléaire (qui sera commémorée en octobre prochain), 58 ans après avoir réalisé le premier TEF en Polynésie (avec une bombe AN21 chargée). C'est aussi lui qui avait réalisé le premier TEF d'un ASMP-A sur Rafale. L'équipe désigné pour le TEF avait été identifié il y a près d'un an, par le commandant du Gascogne.
La ressource est large dans la vingtaine d'équipages que compte l'escadron : tout équipage opérationnel est à même de conduire un TEF « puisqu'à 95%, cela correspond à ce que nous faisons lors des Poker et des Belote, et lors de nos entraînements quotidiens », résume le commandant Maxime aliais « Jésus », qui a piloté le Rafale-tireur. « Les 5% restant sont liés au largage du missile, qui n'intervient que sur les TEF. Cela ne demande pas de formation particulière puisque c'est le cœur de métier des équipages des FAS, tout au plus une poignée de vols de répétition qui servent aussi aux différents acteurs impliqués : contrôle aérien, centre d'essais de la DGA, etc.