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Supériorité aérienne : les Phénix français essentiels à l'entrée en premier de l'OTAN

Photo de Yann Cochennec

Yann Cochennec

Publié le 13 janvier 2025 à 08:39 - Mis à jour le 06 mars 2026 à 15:27

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Démonstration à bord de l'un des 12 Phénix de la 31e Escadre Aérienne de Ravitaillement et de Transport Stratégiques (EARTS), lors de l'exercice Ramstein Flag qui s'est déroulé en Grèce, en octobre dernier.

Supériorité aérienne : l'entrée en premier

Pas moins de 12 pays, 130 aéronefs, 2 000 militaires à terre, dans les airs et sur mer, avec une composante opérations spéciales : l'OTAN avait mobilisé largement pour son premier exercice de type Flag consacré à la supériorité aérienne. Dans une zone jugée stratégique, le flanc sud-est, c'est la Grèce qui avait été retenue pour accueillir Ramstein Flag 2024. En 2025, l'exercice devrait être déplacé aux Pays-Bas. L'OTAN avait trouvé son thème sans difficulté : la supériorité aérienne est essentielle aux opérations de haute intensité, particulièrement pour l'entrée en premier, et pour rendre la victoire possible au sol.

Pour l'avoir négligée, la Russie a raté son début de conflit contre l'Ukraine, et depuis cherche une impossible victoire. Cette réalité a rappelé la nécessité de la supériorité aérienne, mais ce n'est que plus de deux ans plus tard que l'OTAN en a tiré des leçons pour la préparation de ses Etats membres qui, individuellement, alignent des niveaux de préparation et d'équipement assez variés. Pour la France, Ramstein Flag est un type d'entraînement assez courant, mais l'intérêt pour l'Armée de l'Air et de l'Espace consiste à travailler à son interopérabilité, et pas à la mission de supériorité en tant que telle.

La notion d'entrée en premier, également travaillée par Ramstein Flag, est aussi très bien maîtrisée par les Français, qui l'ont pratiquée régulièrement en Libye (2011) mais aussi au Mali (2013) et au Levant (2014). A chaque fois, néanmoins, face à des menaces aériennes quasi-nulles, sauf en Libye, et au Levant, une fois que les Russes se sont injectés dans la guerre en Syrie. Ou lors de l'opération Hamilton (avril 2018), pour frapper l'arsenal chimique syrien.

La veille, l'équipage avait reçu ses éléments

Ce 4 octobre, l'exercice battait déjà son plein depuis plusieurs jours. La veille, l'équipage qui est sorti de la planification effectuée par la 31e EARTS (escadre aérienne de ravitaillement et de transport stratégique) avait reçu ses éléments, notamment la zone de travail, la situation locale en termes de renseignement et les procédures OTAN, classifiées. Ce qui a empêché Air et Cosmos d'assister au briefing et a même obligé l'équipage à modifier les actions au sol, avant même le roulage de l'appareil.

La zone de la 31e EARTS étant classifiée OTAN par l'exercice, l'embarquement a dû être réalisé depuis la zone contigüe du hub des armées, inauguré au printemps dernier sur la base d'Istres. Le Phénix n° 46 est tracté sur quelques centaines de mètres, et le commandant de bord comme l'ARO (air refuelling operator) réalisent leur tour avion, à la recherche d'éventuels signaux lents d'une panne qui serait préjudiciable au décollage ou en vol. Tout est nominal, et le biréacteur décolle à 10h40 (8h40Z) à 233 tonnes, la masse maximale au décollage, dont 104 tonnes de carburant (la masse maximale de fuel étant 109 t).

L'appareil est en configuration passagers haute densité, avec 272 sièges, au lieu de la configuration basique, à 88 sièges placés à l'arrière. Ce choix s'explique par une activité soutenue alors sur les vols de ligne (passagers et fret), avec deux liaisons menées en permanence (Afrique, Outremer) par les Phénix. Cette mobilisation des appareils s'explique alors que deux des trois A330-200 civils (acquis en 2020, et livrés les 26 novembre et 15 décembre 2020, puis le 15 novembre 2022 pour le dernier) sont actuellement en conversion en Espagne au standard Phénix.

Yann Cochennec

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