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Irradiation et transport aérien : Rien que du naturel !

Photo de Jean Le Forgeron

Jean Le Forgeron

Publié le 19 mars 2024 à 03:05 - Mis à jour le 06 mars 2026 à 15:50

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Voler en avion expose le corps à des radiations, parfois même plus que de travailler sur un réacteur nucléaire. Cela peut sembler effrayant, mais c’est une réalité qui préoccupe de nombreuses personnes, y compris les employeurs du personnel navigant et certains services d’hygiène, de sécurité et d’environnement des entreprises qui font souvent voyager leurs employés.

La radioactivité est un phénomène naturel auquel nous sommes tous exposés. La Terre est constamment bombardée par un rayonnement ionisant provenant de l’espace, appelé rayonnement cosmique. Le Soleil est le plus grand générateur de rayonnement pour la Terre. Heureusement, le rayonnement cosmique est en grande partie dévié par la double protection du champ magnétique terrestre et des couches d’air de l’atmosphère.

La combinaison de 3 facteurs

L’exposition à la radioactivité naturelle en avion dépend de trois facteurs : l’altitude, la latitude et la durée du vol. Plus on monte en altitude, plus la couche protectrice de l’atmosphère se réduit et plus on est exposé aux rayons cosmiques. À 10 000 mètres d’altitude, le niveau de croisière des avions de ligne, le rayonnement est 100 à 300 fois plus élevé que sur Terre au niveau de la mer. En fait, l’exposition aux radiations double tous les 1 500 mètres d’altitude. Les populations montagnardes sont donc exposées à des doses plus fortes que la moyenne des habitants des plaines.

La latitude joue également un rôle crucial car les rayons cosmiques sont déviés par le champ magnétique terrestre. Près des pôles, l’exposition au rayonnement est plus importante. Un voyageur empruntant une route passant par le pôle Nord pour aller de New York à Hong Kong recevra une dose trois fois plus importante qu’un vol similaire se déroulant près de l’équateur, car la protection de l’atmosphère et du champ magnétique terrestre est environ deux fois moins efficace aux latitudes polaires qu’à l’équateur.

Le long courrier plus exposé que les autres

Plus le vol est long, plus vous êtes exposés. Cependant, il n’y a pas lieu de paniquer. Les compagnies aériennes prennent très au sérieux le fait que leur personnel navigant soit exposé à des doses accrues de radiation, mais les expositions restent modestes. Le passager d’un vol Londres-New York à 11 000 mètres d’altitude recevra une dose de 0,032 mSv (millisievert), ce qui correspond à l’équivalent d’une radiographie dentaire panoramique ou à une présence de 24 heures au bord de la mer.

Selon l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, il faudrait cinq allers-retours à un habitué de la ligne Paris-New York pour recevoir une dose de radiation de 1 mSv, soit l’équivalent d’une radio du bassin correspondant à quatre mois de présence au sol près de la mer. Un millisievert est également le seuil d’exposition moyen recommandé pour le public par la Commission Internationale pour la Protection Radiologique. C’est à peu près 40 % de la valeur moyenne annuelle produite par la radioactivité naturelle. Les autorités confirment qu’un millisievert supplémentaire reste une dose faible dont on n’a pas pu prouver qu’elle présente un danger.

Il y a de la marge !

En conclusion, il est vrai que voler en avion expose le corps à des radiations mais ces expositions restent modestes et sont bien en dessous des seuils d’exposition recommandés pour le public par la Commission Internationale pour la Protection Radiologique. Il est donc essentiel de comprendre ces taux d’exposition et de les mettre en perspective. Après tout, la radioactivité est un phénomène naturel auquel nous sommes tous exposés, que ce soit sur Terre ou en vol.

A titre d’information, vous pouvez calculer les doses reçues lors de vos vols grâce au projet S.I.E.V.E.R.T. (Système Informatisé d’Évaluation par Vol de l’Exposition au Rayonnement cosmique dans les Transports aériens) mis en ligne par l’IRSN sur ce lien.

Jean Le Forgeron

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