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L’Europe et la Lune : un engagement toujours fort

Photo de Pierre-François Mouriaux

Pierre-François Mouriaux

Publié le 16 juin 2023 à 04:00 - Mis à jour le 06 mars 2026 à 16:03

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En attendant la très hypothétique décision de lancer son propre programme de vols habités, l’ESA poursuit ses engagements dans le programme lunaire de la Nasa, dont elle est le principal partenaire.

Pour rappel, le protocole d’accord signé le 27 octobre 2021 entre l’Agence spatiale européenne et la Nasa (à l’époque respectivement dirigées par Jan Woerner et Jim Bridenstine) scellait les bases de leur partenariat au sujet de la Gateway (Passerelle), le futur avant-poste habité placé sur orbite lunaire, dans le cadre de programme américain Artemis de retour sur la Lune. L’accord formalisait le fait que les Etats membres de ESA construiraient un certain nombre d'éléments essentiels à la Gateway (à savoir son module d’habitation longue durée et son module de communication et de ravitaillement), amélioreraient les systèmes de communication lunaires, et fourniraient au moins deux modules de service européens ESM (European Service Module), capables d’alimenter le vaisseau habité Orion de la Nasa en électricité, eau, oxygène et azote. En contrepartie, trois opportunités de vol seraient proposées à des astronautes européens pour rejoindre la Gateway sur orbite cislunaire, et y travailler. Deux semaines plus tôt, sept pays avaient rejoint les Etats-Unis au sein des Accords Artemis régissant les activités des Etats sur la Lune : l'Australie, le Canada, l'Italie, le Japon, le Luxembourg, les Emirats arabes unis et le Royaume-Uni (auquel s’est ajoutée l’île de Man en 2021). La liste s’est allongée par la suite avec, dans l’ordre d’adhésion, l'Ukraine, la Corée du Sud, la Nouvelle-Zélande, le Brésil, la Pologne, le Mexique, Israël, la Roumanie, Bahreïn, Singapour, la Colombie, la France (en juin 2022), l'Arabie Saoudite, le Rwanda, le Nigéria, la République tchèque et tout récemment l’Espagne. Soit 25 signataires au 30 mai, dont huit pays membres de l’ESA.

Objectif ESM n°9

C’est Airbus Defence and Space qui avait décroché en novembre 2014 le développement et la construction du premier module de service européen, avec Thales Alenia Space comme responsable des structures primaires et secondaires, ainsi que des systèmes thermomécaniques. Le montant du contrat s’élevait à 390 M€, s’ajoutant aux 85 M€ du précédent, qui concernait la conception de l’ESM. L’ESA a depuis attribué trois autres contrats au géant franco-allemand, pour la fourniture d’un deuxième et d’un troisième exemplaire (en février 2017 et mai 2020), puis des ESM 4 à 6 (en février 2021), pour des montants respectifs à signature de 190, 260 et 635 M€ ; au total, c’est un budget actualisé d’environ 2,2 Md€ qui est engagé par l’ESA dans le programme Orion de la Nasa. Rappelons au passage que deux ESM sont fournis à la Nasa (avec les modules I-Hab et Esprit) dans le cadre du partenariat concernant la Gateway, et que les autres ESM permettent de couvrir le coût de la présence d’astronautes sur l’ISS jusqu’en 2030.

Pierre-François Mouriaux

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