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Entretien avec Eva Berneke, directrice générale d’Eutelsat

Photo de Pierre-François Mouriaux

Pierre-François Mouriaux

Publié le 09 septembre 2023 à 05:18 - Mis à jour le 06 mars 2026 à 16:11

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Eva Berneke intervenant lors de la conférence Satellite de Washington, en mars 2023.

Eva Berneke intervenant lors de la conférence Satellite de Washington, en mars 2023.

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A l’occasion de l’ouverture le 11 septembre de la World Satellite Business Week organisée par le cabinet parisien Euroconsult, Air & Cosmos publie une interview de la directrice générale d’Eutelsat, réalisée lors de la seconde édition des Assises du New Space – en français s’il vous plaît.

Nous sommes au lendemain du dernier vol d’Ariane 5. Que pensez-vous de la situation des lanceurs en Europe ?

Chez Eutelsat, nous sommes plutôt concernés par les gros lanceurs, et la situation actuelle inquiète tout le monde, je pense. C’est un domaine où les Européens ont de fortes compétences, mais où nous ne sommes collectivement pas capables de faire preuve de la rapidité et de l’agilité que réclame ce marché, à la différence de nos confrères américains, voire même indiens. Les compétences d’ingénierie et d’innovation sont là, mais force est de constater qu’Ariane 6 continue de prendre du retard, ce qui est vraiment quelque chose de regrettable – d’abord parce que c’est au détriment de la souveraineté européenne, mais aussi du point de vue du business, car nous en avons besoin. Et là, nous nous retrouvons obligés de prendre des options sur des lanceurs étrangers, essentiellement américains, pour avoir accès à l’espace, qui est un élément clé pour notre business. Je pense que d’autres, comme les Indiens, pourront nous fournir cette capacité d’accès à l’espace, mais je suis inquiète pour l’Europe qui ne dispose plus de ce maillon important de la chaîne spatiale. Ce sont notamment les acteurs institutionnels qui ont besoin de cette capacité.

L’Inde est donc devenue un partenaire important ?

Comme vous le savez, avec la crise en Ukraine, OneWeb a perdu cinq lanceurs Soyouz, et Arianespace n’avait alors pas de réponse à proposer, ce qui était déjà un signe de crise. Nous nous sommes alors tournés vers SpaceX, mais aussi vers l’ISRO, qui a fourni deux des cinq lanceurs nécessaires à l’envoi des satellites. Ce sont des lancements qui se sont très bien passés, les lanceurs sont montés en puissance et un lancement indien très important a même été déplacé pour pouvoir fournir la capacité nécessaire à OneWeb. Idéalement, nous pensons que le marché doit pouvoir proposer trois bons lanceurs pour faire fonctionner la concurrence. Mais là, encore une fois, il manque actuellement un lanceur européen en capacité de répondre à la demande.

Est-il facile de travailler avec SpaceX ?

Pierre-François Mouriaux

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