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Le cosmos en 2083 (6/11) : L’évolution du métier d’astronaute

Photo de Pierre-François Mouriaux

Pierre-François Mouriaux

Publié le 30 décembre 2023 à 07:00 - Mis à jour le 06 mars 2026 à 15:43

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Sur les questions de l’évolution du métier d’astronaute et les perspectives du tourisme spatial, nous avons interrogé Jean-François Clervoy, qui reste le seul astronaute français à avoir volé à trois reprises à bord de la navette spatiale (en novembre 1994, mai 1997 et décembre 1999). Il a présidé la société Novespace, et a ouvert les vols paraboliques « Air Zero G » au public.

« Avec l’arrivée de la capsule Crew Dragon de SpaceX et en attendant le Starliner de Boeing, on assiste depuis trois ans à une évolution dans les vols habités en orbite basse qui m’amène à faire une comparaison avec ce qui s’est passé avec l’aviation, qui était au début une affaire de sportifs aventureux et qui aujourd’hui représente des milliards de passagers chaque année, qui voyagent d’un bout à l’autre du globe pour quelques centaines ou milliers d’euro. Or, qui aurait pu imaginer cela il y a 150 ans ? »

Passagers à gérer et tâches plus spécifiques

« Jusqu’à récemment, l’espace était seulement une affaire de professionnels, avec des fonctions opérationnelles de pilotage de machines, d’assemblage de structures sur orbite, tels des grutiers, ou la mise en œuvre d’expériences complexes en micropesanteur. L’astronaute assurait alors soit la fonction de transport vers l’orbite (comme le pilote d’avion dans son cockpit), soit était transporté vers son lieu de travail (comme le scientifique emmené vers une base arctique). Aujourd’hui, grâce aux progrès de l’informatique et de l’intelligence artificielle, la fonction de transport vers l’orbite basse est simplifiée, parfois sans même besoin de « pilote dans le cockpit », alors que sur le programme de navette, la moitié de notre entraînement (pour l’équipage de conduite du vaisseau) était consacré à la connaissance de l’engin et de son pilotage, extrêmement complexe, pour ses phases de montée et descente. Par ailleurs sont apparus des passagers qui paient – cher – leur siège, attendent que l’on s’occupe d’eux, parfois demandent à aider, mais qui a priori n’apportent pas de valeur ajoutée. Ces nouveaux passagers doivent être contrôlés et encadrés. Cette nouvelle fonction est confiée à des astronautes de métier, anciens ou actifs, qui deviennent ainsi des guides ou des coaches de haut niveau, pour la sécurité et le bien-être des passagers.

Pierre-François Mouriaux

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