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SSA : Aldoria et l’ONERA lancent Ramses

Photo de Daniel Chretien

Daniel Chretien

Publié le 19 novembre 2025 à 08:15 - Mis à jour le 06 mars 2026 à 14:02

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Avec l’ONERA (Office Nationale d’Etudes et de Recherches Aérospatiales), la start-up française Aldoria (Ex Share My Space) a lancé le Réseau Avancé Multispectral pour la Surveillance de l’Espace et des Satellites : RAMSES. Un programme lourd de sens et au cœur de la stratégie spatiale de défense de la France. Interview exclusive avec Romain Lucken, PDG d’Aldoria.

Préparer une surveillance du ciel souveraine, à l’heure où on s’attend compter plus de 50 000 satellites en orbite d’ici 2030, c’est un des objectifs de la stratégie spatiale nationale dévoilée par Emmanuel Macron la semaine dernière lors de l’inauguration du Centre opérationnel du Commandement de l’Espace. Le but est double : disposer d’un catalogue souverain du trafic spatial (nous sommes presque entièrement dépendants du catalogue américain) ; être capable de documenter des actions dangereuses ou hostiles en orbite, comme l’espionnage ou autres manœuvres à proximité d’un satellite stratégique.

Dans le cadre du programme France 2030, l’ONERA s’est allié à Aldoria pour lancer RAMSES. La start-up dispose de plusieurs stations de surveillance optique du trafic spatial, et poursuit son déploiement dans le monde. Le réseau RAMSES de 12 millions d’euros vise à développer et déployer cinq stations multi-télescopes et multispectrales afin de pouvoir surveiller le ciel de jour et de nuit.

Qu’avez-vous déjà réalisé ?

Les premiers jalons sont là avec la validation de la partie diurne et les premiers sous-systèmes. L’intérêt d’une station multispectrale, c’est d’avoir plusieurs bandes visibles et une bande dans l’infrarouge proche qui permet de faire de l’observation diurne. Aujourd’hui, on surveille toutes les orbites. On travaille aussi sur les orbites cis-lunaires dans le cadre du projet LUCID du Fonds Européen de Défense.

Que reste-t-il à faire ?

Le premier gros jalon à venir est d’avoir une première station multispectrale. Le but est d’avoir le premier prototype complètement opérationnel début 2027. On est en train de valider le design, le choix des prestataires, pour pouvoir commencer l’assemblage au cours de l'année prochaine. Puis on va continuer à développer des prototypes en apprenant de manière itérative. Le gros sujet derrière est le traitement de données multispectrales pour extraire un maximum d'informations pertinentes du signal dans les différents canaux. On associe les différents modèles 3D des satellites aux courbes de lumière dans différents canaux. Cela va demander des développements algorithmiques assez importants. En parallèle, on va améliorer la plateforme en implémentant une technologie sur la traçabilité des données qu'on a récemment breveté.

Tandis que votre réseau de surveillance s’agrandit, comment évolue votre collaboration avec la Défense ?

On fournit déjà de la donnée dans le cadre du contrat RIVESALT qu'on a annoncé au Bourget. Ces futures stations vont immédiatement servir à alimenter ce contrat en données plus précises et plus fréquentes. Notre relation avec le ministère des Armées évolue donc naturellement.

Un avis sur la stratégie spatiale nationale ?

On s'y inscrit pleinement, avec un rôle fort du CNES sur le catalogue national spatial, des infrastructures patrimoniales pilotées par le ministère des Armées qui vont s'étoffer et se diversifier, puis avec recours aux données commerciales pour combler les trous et pouvoir gérer les situations de crise.

Daniel Chretien

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