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Google, OpenAI, SpaceX : la frénésie des datacenters orbitaux

Photo de Daniel Chretien

Daniel Chretien

Publié le 05 décembre 2025 à 15:00 - Mis à jour le 06 mars 2026 à 14:03

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Starcloud, Nvidia

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ChatGPT, Grok, Gemini, et si les bases de données des IA les plus utilisées au monde fuyaient le plancher de vaches ? Ces derniers mois, les patrons de l’IA se sont lancés dans une course… utopique.

Le 1er décembre, au cours d’une interview sur Fox News, le PDG de Google Sundar Pichai a déclaré que son groupe va commencer à construire des datacenters en orbite. Dans le cadre du projet Suncatcher, annoncé début novembre, les datacenters seront alimentés par des centrales solaires orbitales. Les premiers démonstrateurs de datacenters orbitaux devront décoller en 2027. Google s’est allié avec le nouveau champion américain de l’observation de la Terre par satellite, Planet, dont les satellites hébergeront les prototypes.

L’accélération des technologies de rupture

Google est loin d’être seul à lorgner les datacenters orbitaux. On en retrouve désormais partout dans le monde des propositions de cloud spatial, en Asie, au Moyen-Orient, etc. Selon le Wall Street Journal, le PDG d’OpenAI Sam Altman a récemment approché la société américaine Stoke Space, qui développe un lanceur 100% réutilisable, pour déployer des datacenters en concurrence de SpaceX. Car Elon Musk aussi a promis que sa compagnie se lancera également dans la course, en proposant d’utiliser les satellites Starlink de version 3 (V3) comme datacenter. Le deal entre Sam Altman et Stoke Space n’a finalement pas pu se faire, car en plus d’une meilleure santé financière, OpenAI a besoin de lanceurs bien plus puissants que celui en cours de développement. Il faudrait plutôt des lanceurs super-lourds, à l’instar du Starship ou de la version lourde de New Glenn, récemment dévoilée par Blue Origin. Or ces lanceurs seront bientôt accessibles, un verrou important de moins dans la faisabilité d’une industrie du datacenter orbital.

Certaines autre technologies clés ont été récemment déverrouillées. La première est la communication optique. Avec Starlink, SpaceX a littéralement industrialisé le concept pour les communications inter-satellites. Les liaisons optiques au sol connaissent cette année leur essor après des premières démonstrations très prometteuses. On retrouve des acteurs comme Astrolight ou le français Cailabs, spécialisé dans la communication laser sol-espace. Dernier verrou important pour construire les datacenters et leur centrale solaire, être capable d’assembler en orbite. Plusieurs entreprises maîtrisent aujourd’hui les complexes techniques de rendez-vous spatial, mais pas encore au point de les réaliser quotidiennement telle une routine.

La course qui dope le marché

Les géants du numérique cherchent tous les moyens pour diminuer autant que possible la consommation énergétique des datacenters, qui pèse lourd dans la facture. Les centres de données déjà construit ont fait grimper en flèche la consommation électrique, jusqu’à atteindre 80 gigawatts en 2025, l’équivalent de 60 millions de foyers ou de la population de la Floride, la Californie et le Texas réunis. Les datacenters spatiaux sont alors vus comme l’unique recours pour que l’industrie de l’IA reste prolifique.

Début novembre, la société Starcloud a mis en orbite un satellite de pour démontrer la capabilité du GPU H100 de Nvidia à tenir les conditions spatiales. Tant que ces grands noms du numériques continueront de croire que le bilan énergétique des datacenters spatiaux vaut le coup (lancer tout ça pèsera aussi sur la facture), on peut y voir une opportunité de marché importante, en particulier pour les mégalanceurs.

Daniel Chretien

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