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Budget : la NASA souffle de nouveau

Photo de Daniel Chretien

Daniel Chretien

Publié le 06 janvier 2026 à 15:55 - Mis à jour le 06 mars 2026 à 14:04

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C’est un grand soulagement pour la Nasa et son nouveau directeur général. Après une année de menaces de coupes draconiennes, le budget de l’agence demeure finalement inchangé. Pourtant, la Maison-Blanche avait déjà engagé les réductions.

Coup dur pour Donald Trump et son administration qui souhaitaient réduire de près de 6 milliards de dollars le budget annuel. Ce dernier ne devrait subir qu’une très légère baisse pour l'année 2026. La proposition commune entre les deux chambres du Congrès (Sénat et chambre des Représentants), qui sera votée dans la semaine, détaille un budget de 24,438 Mds$ (20,86 Mds€) pour l’année fiscale 2026. C’est 437 M$ de moins que le budget précédent, mais c’est bien au-delà des 18,8 Mds$ voulus par l’administration Trump en mai dernier. Ayant le dernier mot sur le budget, le Congrès a balayé la proposition de la Maison-Blanche.

Plus de 50 missions de sauvées

La proposition de la Maison-Blanche, animée par une guerre sainte contre la communauté scientifique américaine en première moitié de 2025, avait proposé de réduire de 47% le budget scientifique de la Nasa. Plus d’une cinquantaine de missions en cours d’opérations, d’extension ou à venir étaient menacées d’être mises à l’arrêt, dont la sonde New Horizons qui a survolé Pluton ou encore Juno en orbite autour de Jupiter. Il n’en sera rien. La contre-proposition du Congrès prévoit 7,25 Mds$ pour la science avec en détail :

  • 2,135 Mds$ pour les sciences de la Terre, dont 110 M$ pour le programme Landsat Next de satellites civils d'observation de la Terre, que la Maison-Blanche voulait remplacer par des satellites commerciaux.
  • 2,541 Mds$ pour les sciences planétaires, dont 500 M$ pour la mission Dragonfly qui explorera la lune Titan autour de Saturne.
  • 1,595 Md$ pour l’astrophysique, incluant 150 M$ pour lancer le développement du futur grand télescope spatial d’étude d’exoplanètes habitables (Habitable Worlds Observatory) et 300 M$ pour boucler le développement du télescope spatial Nancy Roman.
  • 874 M$ pour l’héliophysique.
  • 86 M$ pour les sciences biologiques et physiques (ce qui n’inclut pas les expériences médicales menées dans la station spatiale internationale).

Le Congrès sauve aussi la mission NEO Surveyor, qui doit étudier les astéroïdes géocroiseurs, et répertorier ceux qui sont menaçant pour la Terre, dans le cadre du programme de défense planétaire de la NASA. En revanche, le Congrès ne sauve pas le programme Mars Sample Return de retour d’échantillons martiens sur Terre. Le programme est donc abandonné car son architecture actuelle est jugée trop onéreuse.

Financements clés de l’exploration habitée

Dans sa stratégie de suprématie spatiale, Donald Trump a chargé Jared Isaacman de lui présenter un plan de retour sur la Lune d’ici 2028. Pour cela, le nouvel administrateur de la Nasa partira avec un budget moins grand que prévu : 7,783 Mds$ confirmés au lieu de 8,3 souhaités par la Maison-Blanche. Le budget maintient les financements du SLS, du vaisseau Orion, et de la station Gateway. Mais comme premier jalon d’une installation terrestre des États-Unis sur la Lune, le budget prévoit 250 M$ pour le développement d’un réacteur à fission capable d’alimenter une base.

Autres budgets importants validés, la Nasa disposera de 273 M$ pour préparer l’ère post-ISS en soutien au développement de stations spatiales commerciales. Initialement prévue par l’amitié Trump-Musk, l’exploration martienne est définitivement oubliée pour l'année 2026 à l’exception de la poursuite du financement de propulsion nucléaire.

Rectification des derniers changements d’opérations dans l’ISS ?

La Maison-Blanche n’avait malheureusement pas attendu le vote du budget pour imposer sa musique à la Nasa. Tout au long de l'année 2025, les responsables de programmes avaient été alertés de la chute de leur budget, notamment du côté du centre spatial Goddard à proximité de Washington DC. Même chose pour les opérations de l’ISS, dont le budget était menacé d’une baisse de 900 M$. En prévision, les planificateurs avaient décidé de rallonger les rotations du segment américain de l’ISS de 6 à 8 mois. Cela explique pourquoi Sophie Adenot va exceptionnellement passer 8 mois en orbite, et pourquoi elle ne sera pas directement relevée par Raphaël Liégeois. Mais en sera-t-il toujours ainsi maintenant que le budget revient à la normale ?

Daniel Chretien

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