L’HéliSmur, un modèle en urgence absolue
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Airbus
Le Samu héliporté pourrait bien finir par disparaître des cieux français. C'est le constat bien inquiétant dressé par l'Association française de l'hélicoptère sanitaire hospitalier (AFHSH), lors de sa conférence qui a réuni les différents acteurs du secteur; à Paris le 26 mars. « L’HéliSmur est en danger », affirme Nicolas Letellier, ancien chef de service de réanimation polyvalente du centre hospitalier de Dreux, pilote privé d’hélicoptère et créateur de l’HéliSmur de Dreux. « Nous disposons à l’échelle nationale de 53 machines, neuves, performantes, qui sont dramatiquement sous-utilisées pour des raisons tant réglementaires que financières… », regrette-t-il amèrement.
En trois décennies, cette activité a profondément évolué. D’outils simples et immédiatement mobilisables, les hélicoptères sont devenus des machines plus performantes et plus sécurisées. Cependant, cette montée en gamme s’est accompagnée d’une baisse de disponibilité sur le terrain. Les équipes hospitalières font désormais face à des situations où les moyens aériens ne peuvent être engagés dans des délais compatibles avec l’urgence médicale.
Plusieurs causes sont à l’origine de cette dégradation de l’HéliSmur. La première est liée à une inadaptation de la réglementation. S’agissant d’hélicoptères opérés par des sociétés privées, la réglementation applicable est la même que celle du transport public de passagers. « L'État français, et tout particulièrement le ministère des transports (DGAC) considère que nous devons être soumis au même règlement que celui applicable à une société de transport public de passagers. Ces règles sont parfaitement valables pour un touriste en vacances ou un homme d’affaires effectuant un vol Nice-Monaco. Nettement moins dans le cadre du Samu héliporté », commente Nicolas Letellier.
Cette absence d’adaptation aux contraintes propres du secours d’urgence héliporté conduit à des situations qu'il juge aberrantes, contraires à l’emploi d’un hélicoptère de secours médical d’urgence et même nuisibles à la santé, voire à la survie d’un patient. « Nous ne pouvons pas nous poser sur l’aire de poser de l’hôpital parisien Georges Pompidou. Du fait de la configuration du bâtiment, la remise des gaz est impossible à l’atterrissage. Nous ne pouvons pas le faire, mais la sécurité civile, elle, le peut. Pourtant les lois de Newton sur la chute des corps s'appliquent à tous hélicoptères, quelles que soient leurs livrées ! », s'indigne Nicolas Letellier. Cette différenciation passe mal auprès des soignants, lesquels ne demandent pas une adaptation spécifique de la réglementation, mais bien un régime similaire à celui de l’administration au sens large, avec à la clé des chances de survie majorées pour les patients dans certains cas particulièrement graves. « Depuis longtemps déjà, nous avons demandé à être assimilés à la réglementation applicable à la sécurité civile, à la gendarmerie, voir à l'armée. Il y a un besoin nécessaire et évident d’une certaine souplesse afin de que nous puissions continuer à travailler, en toute sécurité, dans le cadre des missions qui sont les nôtres. Mais nous sommes confrontés à une fin de non-recevoir », explique Nicolas Letellier.