L'Onera mise sur le laser pour le transfert de données sécurisé
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ONERA-Mourad Cherfi
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ONERA-Mourad Cherfi
Il y a un peu moins de deux ans, l'Onera franchissait une étape majeure vers la mise en œuvre de liaisons optiques sécurisées à très haut débit avec les satellites de l’orbite géostationnaire. Depuis, il capitalise sur cette réussite pour développer cette technologie, qui ouvre de nouvelles perspectives en termes de communications sécurisées. Il doit notamment réduire drastiquement le risque d'écoute par les satellites espions de pays plus ou moins hostiles. D'où un intérêt prononcé de la part des armées.
Actuellement, l’Onera travaille à consolider les modèles de performances dans des conditions environnementales exigeantes, afin d’assurer à l’avenir un taux de disponibilité proche de 100 % en ciel clair. Cette étape, réalisée grâce au soutien de l’Agence d'innovation de défense (AID) et de la Délégation générale de l'armement (DGA), constitue un jalon essentiel pour interconnecter des équipements de communication sol et spatiaux avec des débits comparables à ceux actuellement disponibles dans les réseaux terrestres basés sur des liaisons par fibre optique.
L'emploi du laser permet de confiner la lumière, et donc de l'énergie, dans un espace limité, et ainsi « de transmettre de l'information, et de l'envoyer très loin », explique Nicolas Védrenne, maître de recherche, chargé de mission auprès de la direction du département d’optique et techniques associées (Dota) pour le développement des plateformes optiques de recherche structurantes. « L’intérêt pour la défense et les forces armées repose sur le fait que le faisceau laser est très directif. Autrement dit, il permet de cibler très précisément le récepteur de ces informations », poursuit-il, ce qui s'avère déterminant pour la discrétion des communications.
Il explique ainsi l’onde optique est 10 000 fois plus directive qu’une onde radiofréquence, telle qu'utilisée jusqu'ici pour les communications avec les satellites géostationnaires. Et il estime qu'en « bénéficiant des technologies optiques développées pour les communications fibrées, il est possible d'atteindre plusieurs dizaines de gigabit de données par canal (par longueur d'onde) ». Ce qui explique pourquoi l’Onera s’est impliqué sur ce sujet, afin « de lever les points durs pour permettre de tirer profit de la discrétion intrinsèque de ces techniques, afin d’établir des liaisons point-à-point », comme il le précise.