Dubai Airshow : l'Arabie saoudite toujours en quête d'une industrie de défense
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Le gouvernement français et la « Rafale Team » dont le chef de file est Dassault Aviation ont, depuis plusieurs semaines, entre les mains la demande de devis pour l'achat de 54 avions de combat Rafale faite par l'Arabie Saoudite. Les industriels et les différents acteurs gouvernementaux concernés avaient jusqu'au 10 novembre pour faire une offre à ce client potentiel qui, à l'origine, souhaitait acquérir une deuxième tranche de 48 Eurofighter Typhoon après un premier lot de 72 appareils.
Un dossier qui traîne depuis le mois de mars 2018, date à laquelle, à l'issue d'une visite à Londres du prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane, l'Arabie Saoudite avait signé un protocole d'accord avec le Royaume-Uni sur l'achat de 48 avions de combat Eurofighter Typhoon. Le contrat ne s'est pas concrétisé, faute de l'incontournable feu vert de l'actuel gouvernement allemand. Ce dernier est lié par un contrat de coalition où l'on trouve la formulation suivante : « nous ne délivrerons aucune autorisation d'exportation d'armements à des Etats tant qu'il est prouvé qu'ils sont directement impliqués dans la guerre au Yémen ».
Une position qui tient depuis 2021 et qui a toujours cours. En marge du dernier Sommet de l'OTAN à Vilnius, en juillet dernier, le chancelier Olaf Scholz a en effet indiqué que l'Allemagne ne livrerait pas d'avions de combat Eurofighter à l'Arabie Saoudite au cours de cette législature, soit jusqu'à l'automne 2025. A moins que la démarche de l'Arabie Saoudite auprès de la France ne fasse changer d'avis le gouvernement allemand. La France jouant alors le rôle du « lièvre ».
Quelle que soit l'issue des négociations en cours en France, en Allemagne et au Royaume-Uni, toute nouvelle commande d'avions de combat s'accompagnera d'un volet industriel qui dépassera les traditionnelles compensations pour inclure l'implantation d'un site industriel. L'accord passé en juin dernier avec Airbus Helicopters porte sur l'achat potentiel de 100 H175, ce qui est un sérieux « coup de pouce » pour cet hélicoptère qui cherche toujours à accroître son marché, mais associé à une activité industrielle en Arabie Saoudite.